L'UOIF demande aux jeunes musulmans de calmer leur colère

L'UOIF demande aux jeunes musulmans de calmer leur colère
L'UOIF demande aux jeunes musulmans de calmer leur colère

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF) face aux évènements "graves et répétés" qui secouent plusieurs quartiers, appelle les jeunes musulmans concernés à "calmer leur colère, à méditer et à se conformer à la fatwa" édictée dimanche.

Dans cette fatwa "il est formellement interdit à tout musulman recherchant la satisfaction et la grâce divine de participer à quelque action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou publics ou qui peut attenter à la vie d'autrui", précise l'UOIF dans un communiqué.

"Contribuer à ces exactions est un acte illicite", poursuit le texte, "tout musulman vivant en France, qu'il soit citoyen français ou hôte de la France, est en droit de réclamer le respect scrupuleux de sa personne, de sa dignité et de ses convictions et d'agir pour plus d'égalité et de justice sociale".

"Mais cette action, qu'elle soit entreprises de façon concertée ou spontanée ne doit en aucun cas se faire en contradiction avec les enseignements rappelés et le droit qui gère la vie commune". L'UOIF condamne les violences "avec la plus grande fermeté" et appelle "avec insistance le retour au calme dans les plus brefs délais".

Selon l'UOIF ces évènements "semblent mettre à nu les graves défaillances du modèle d'intégration français qui plongent manifestement des dizaines de jeunes des quartiers difficiles dans le désespoir et la misère". Elle appelle la classe politique, le gouvernement et les pouvoirs publics "à mesurer la gravité et la dangerosité de la situation". L'UOIF souhaite l'organisation d'assises nationales pour les banlieues et les jeunes.

# Posté le lundi 07 novembre 2005 07:31

La situation est très grave estime le Medef

La situation est très grave estime le Medef
La situation est très grave estime le Medef

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a jugé que la situation "très grave" dans les banlieues faisait du rétablissement de l'ordre "la priorité des priorités", tout en affirmant que, pour les entreprises, il n'était "pas question de baisser les bras" en matière d'effort d'intégration.

Après une nouvelle nuit de violences, Mme Parisot a estimé lundi sur Europe1 la situation "grave, même très grave" et "tout à fait inédite".

"Ca ne se compare avec rien de ce que nous avons connu dans un passé récent. Ce ne sont pas les grèves de 95, ce n'est pas mai 68. Un certain nombre de délinquants attaquent des symboles forts de la République comme les écoles, des symboles de la liberté d'action de production comme les entreprises, des symboles de la liberté de pensée comme les églises."

"Il faut prendre la mesure de cette situation et ce que nous demandons avant tout, comme tous les Français, c'est le rétablissement de l'ordre public", a déclaré Mme Parisot insistant: "il ne faut pas se tromper sur l'ordre des priorités, la priorité des priorités c'est le rétablissement de l'ordre".

La présidente du Medef a souligné "les conséquences très sérieuses" des événements pour l'économie, notamment dans la restauration, l'hôtellerie et le tourisme. Et puis, a-t-elle ajouté, "l'image de la France est profondément abîmée, c'est toute la question de l'attractivité de la France qui est posée".

"Les chefs d'entreprises d'Ile-de-France sont extrêmement impliqués" et "sont prêts à faire plus, ils multiplient les initiatives, les expériences pour favoriser tout ce qu'on peut faire en matière d'intégration", a fait valoir la présidente du Medef. Elle a cité comme exemple la manifestation organisée le 17 novembre à Saint-Ouen par le Medef nord-francilien pour "mettre en contact chefs d'entreprise de la région et jeunes diplômés qui ont des difficultés à trouver un emploi".

Mme Parisot rappelle qu'elle a proposé aux syndicats une négociation en 2006 sur la "diversité" afin de "tout faire pour éviter les discriminations à l'embauche, dans la gestion des carrières" mais aussi en matière d'âge.

"Nous nous engageons totalement", a ainsi résumé la dirigeante patronale. "Pas de mea culpa, pas de leçon de morale, l'entreprise c'est le meilleur lieu d'intégration qu'on puisse imaginer, peut-être encore plus que les équipes de foot ou les groupes de rock n' roll", a-t-elle ajouté.

Evoquant le plan Borloo de rénovation urbaine, "tout à fait significatif" selon elle, Mme Parisot s'est demandé si ce n'était pas parce que ses "premiers effets positifs sont perceptibles que certains (...) ne cherchent pas à protéger leur économie souterraine".

# Posté le lundi 07 novembre 2005 07:33

Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:08

Les habitants des quartiers pavillonnaires exaspérés

Les habitants des quartiers pavillonnaires exaspérés
Lundi 7 Novembre 2005

Les habitants des quartiers pavillonnaires exaspérés

Voitures brûlées devant de coquets pavillons, incendie d'un Monoprix dans le centre de Gagny: la multiplication des incidents dans des quartiers pavillonnaires, jusqu'alors épargnés par les violences urbaines, suscitait l'exaspération dimanche soir.

"Ca devient du n'importe quoi. J'éprouve du dégoût et de l'incompréhension", dit Aimal, 18 ans après l'incendie du Monoprix à Gagny, en pleine centre ville.

Le magasin, située rue Saint-Germain, sur une artère commerçante de cette petite commune voisine du Raincy, a pris feu dimanche vers 23H00 mais n'a pas été totalement ravagé par le feu après l'intervention des pompiers rapidement sur les lieux du sinistre.

"Mon frère vient de perdre son emploi qui lui tenait à coeur et ce n'est pas le seul", explique le jeune homme, dépité. "Nous sommes dans de la délinquance pure et simple. Lorsqu'on met le feu à un magasin au-dessus duquel il y a des habitants, c'est irresponsable et incompréhensible", s'indigne le maire de la commune Michel Teulet (UMP). "C'est d'autant plus incompréhensible que Gagny est une des villes de France qui a le moins de délinquance avec une politique de prévention très développée", souligne l'élu.

M. Teulet, qui déplore que "brûler des voitures soit devenu un mode d'expression", s'inquiète de l'exaspération de ses administrés qui l'"interpellent dans la rue pour lui demander de faire intervenir l'armée". Daniel en fait partie. Lunettes vissées sur le nez, ce retraité, qui est né à Gagny et a toujours vécu dans "cette ville paisible", ne cache pas sa colère. "S'ils en viennent à s'attaquer aux magasins, ici, où il n'y a pas de problème, où il y a peu de cités, où l'environnement est agréable, je ne vois pas comment on peut s'en sortir sans l'armée", estime-t-il. "C'est à croire que c'est le plaisir de dégrader qui les anime", poursuit-il.


Quelques heures plus tôt, le quartier du Vieux Noisy-le-Sec, lui aussi pavillonnaire et réputé calme, était le théâtre d'incidents similaires avec une tentative d'incendie de la médiathèque et l'incendie de véhicules dans l'enceinte du lycée Moulins Fondu. Même chose dans le quartier des étangs à Aulnay-sous-Bois où un gymnase a été brûlé et à Rosny-sous-Bois avec l'incendie d'un centre socio-culturel. "Je vais rentrer ma voiture, car je pensais qu'ici nous étions tranquilles mais il faut croire que ce n'est plus le cas", soupire un habitant ainsi un habitant de Noisy.

"Les auteurs de ces incidents veulent faire parler d'eux, c'est évident mais je ne vois pas comment enrayer le mouvement maintenant que cela gagne les quartiers tranquilles", cet enseignant dans un lycée professionnel du département. Exaspération et incompréhension mais aussi pessimisme pour le proviseur du lycée Moulins Fondu, Annick Mufraggi, qui a assisté à l'incendie de voitures dans l'enceinte même de son établissement.

"Je n'ai aucune solution pour apaiser les choses excepté de discuter avec eux et de leur donner un droit de parole. Tant qu'on ne leur donnera pas d'espoir de travail et d'avenir, cela ne servira à rien de mettre des dizaines de médiateurs. Les jeunes ont besoin d'avoir des perspectives sinon c'est la désespérance".

# Posté le lundi 07 novembre 2005 07:39

Villepin annonce le couvre-feu et des renforts de police dans les banlieues

Villepin annonce le couvre-feu et des renforts de police dans les banlieues
Mardi 8 Novembre 2005

Villepin annonce le couvre-feu et des renforts de police dans les banlieues

Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé lundi soir que les préfets pourraient recourir au couvre-feu, dès mercredi, pour ramener l'ordre dans les banlieues en se fondant sur une loi de 1955 instaurant l'état d'urgence dans le contexte de la guerre d'Algérie.L'événement

Dominique de Villepin a également annoncé sur TF1 un renfort de 1.500 réservistes, gendarmes et policiers, portant à 9.500 le nombre d'hommes mobilisés sur les émeutes.

"Dans ce contexte particulièrement grave, le président de la République (Jacques Chirac) a décidé de convoquer demain matin (mardi) le conseil des ministres et de mettre en oeuvre les dispositions de la loi de 1955", a annoncé M. de Villepin sur TF1.


"Partout où c'est nécessaire, les préfets pourront sous l'autorité du ministre de l'Intérieur appliquer le couvre-feu s'ils l'estiment utile pour permettre un retour au calme et assurer la protection des habitants", a-t-il ajouté.

Peu après son intervention, l'entourage du Premier ministre a précisé que le couvre-feu pourrait s'appliquer dès mercredi matin après publication au Journal Officiel.

Pour la première fois depuis le début des violences urbaines, un élu, le député maire UMP du Raincy (Seine-Saint-Denis) Eric Raoult, avait annoncé lundi avoir pris un arrêté de "couvre-feu exceptionnel" sur sa ville à partir de ce lundi soir.

La nuit de dimanche à lundi, la onzième nuit d'émeutes en France, a été marquée par l'incendie de 1.408 véhicules, en majorité en province, et l'interpellation de 395 personnes, soit le plus lourd bilan depuis le 27 octobre.


Lundi matin, le directeur général de la police nationale Michel Gaudin a précisé que la région parisienne, avec 426 véhicules incendiés dont 18 à Paris (741 la nuit précédente, dont 36 à Paris), a été moins touchée que la province où 982 véhicules ont été brûlés (554 la nuit précédente).

Quatre-vingt-trois personnes ont été écrouées en France depuis le début des violences urbaines, selon un décompte du ministère de la Justice publié lundi soir.

Au total, 599 personnes ont été placées en garde à vue et 192 ont été déférées devant un tribunal ou sont en instance de déferrement, selon la même source.

Le Premier ministre a estimé que des "réseaux criminels organisés appuient les désordres" dans les banlieues et que les groupes islamistes ne constituaient pas "l'essentiel" des violences mais que celles-ci étaient aussi le fait de "jeunes en rupture sociale".



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Dans le volet social de ses déclarations, le Premier ministre a promis de "restaurer la contribution" financière aux associations dans les quartiers sensibles qui avait été "abaissée" ces dernières années.

Il a également proposé l'apprentissage dès 14 ans, au lieu de 16 ans, "pour les enfants qui ont le plus de difficultés" scolaires, une mesure jugée "lamentable" par Gérard Aschieri de la FSU, principale organisation de l'enseignement, qui a estimé que le gouvernement voulait "accentuer le tri social".

Lundi, les appels au calme se sont une fois encore multipliés. Le plus marquant est venu du jeune Muhittin Altun, gravement brûlé en se réfugiant avec ses deux camarades dans un transformateur électrique le 27 octobre à Clichy-sous-Bois. Il a demandé depuis son lit d'hôpital, "l'arrêt" des violences urbaines. La mort de ses deux camarades, qui se croyaient poursuivis par la police, avaient servi de détonateur aux émeutes.



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Plusieurs centaines de personnes, "4 à 500" selon des organisateurs, se sont rassemblées lundi soir au pied de la cité des 4.000 de la Courneuve (Seine-Saint-Denis), à l'appel de la mairie et d'associations pour dire "non aux violences".

Environ 200 personnes se sont également réunies à Stains (Seine-Saint-Denis) en hommage à Jean-Jacques Le Chenadec, 61 ans, décédé lundi, trois jours après une agression sans lien établi avec les violences urbaines, selon sa femme et le maire de Stains.

Les violences urbaines se sont pourtant poursuivies lundi soir. Une école primaire a notamment été partiellement détruite par un incendie dans la soirée à Bruay-sur-l'Escaut (Nord), une municipalité proche de Valenciennes, a constaté un photographe de l'AFP.

# Posté le lundi 07 novembre 2005 18:06

Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:03

Violences urbaines

Violences urbaines
Violences urbaines


Je ne suis pas là pour juger, ni pour faire de la propagande politique...

Mais je voulais rappeler à ceux qui incendient des voitures, brûlent des bibliothèques et des crèches, tabassent et volent des inconnus dans la rue parfois même à mort, qu'ils se déconsidèrent eux-mêmes en agissant comme ça, et pire, qu'ils pénalisent leur propre famille et leur quartier.

Bien sûr je condamne le fait qu'il faille en arriver là pour qu'on se penche sérieusement sur le problème des banlieues, mais honnêtement, je ne pense pas que ceux qui caillassent les pompiers soient ceux qui veulent le plus s'en sortir. Enfin...

Tout ça pour dire que maintenant que le coup de gueule est passé, il est temps de revenir au calme, on n'est pas dans le Bronx, il y à un point de non retour à ne pas franchir. Désormais, il faut asseayer de gravir des marches en coopérant avec un gouvernement pas très social il faut le dire, mais qui reste néanmoins le gouvernement.


Et si ça ne vous plaît pas, rdv aux urnes en 2007...









* Une pensée pour les tributaires de ces émeutes *

# Posté le lundi 07 novembre 2005 18:15

Modifié le mardi 08 novembre 2005 19:15