Sarkozy choisit "l'ordre républicain" contre celui "des bandes"
L'ordre républicain doit prévaloir sur celui des bandes, a estimé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy devant les policiers et les sapeurs-pompiers du Val-d'Oise qu'il est venu encourager lundi soir à Cergy.
Face aux émeutes urbaines qui se répètent chaque nuit depuis douze jours, "on n'a pas le choix: c'est soit l'ordre républicain, soit l'ordre des bandes", a assuré le ministre de l'Intérieur à la direction départementale de la Sécurité publique (DDSP).
Expliquant qu'il avait reçu le matin même la veuve de Jean-Jacques Le Chenadec, 61 ans, mortellement blessé par un agresseur au pied de son immeuble de Stains (Seine-Saint-Denis) pour des raisons à priori non liées aux émeutes, M. Sarkozy a martelé: "celui qui a fait ça, ce n'est pas un jeune, c'est un assassin".
"Assassin" également, ceux qui ont tué un homme devant sa femme et sa fille en le rouant de coups alors qu'il venait de prendre une photo d'un lampadaire à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), quelques heures avant les premières émeutes le 27 octobre, a poursuivi le ministre. "Assassins" encore, les auteurs de l'incendie d'un bus dans lequel une quinquagénaire handicapée a été gravement brûlée lors de troubles mercredi à Sevran (Seine-Saint-Denis). "Ca fait trente ans qu'un certain nombre de choses sont tolérées, eh bien ça suffit. (...) On ne peut plus tolérer ça, donc on a décidé que ce serait l'ordre républicain", pas "celui des bandes", a lancé le ministre.
"Evidemment, ça ne fait pas plaisir à tout le monde", mais "les Français sont derrière vous, ils sont prêts à vous aider", a-t-il affirmé aux policiers et aux sapeurs-pompiers. A la seule adresse des policiers, il a ajouté: "Vous faites un travail remarquable. Je vous soutiens totalement, je suis fier de vous. (...) Je vous demande de garder votre sang-froid et votre calme (mais aussi) de continuer d'interpeller en respectant les valeurs qui sont les vôtres". Et cela parce que "la différence entre votre force et celle d'en face, c'est que la vôtre est légitime, on mettra le temps qu'il faut, mais on réussira", a souligné M. Sarkozy.
"Quand on est dans un tel combat, il n'y a pas de place pour la division", a-t-il estimé, se félicitant que les syndicats de police, qu'il a reçus lundi au ministère, soient "unanimes" sur le sujet. Le ministre s'est ensuite fait présenter le camion-canon à eau anti-émeute de la police. D'une contenance de 12.000 litres, l'engin est muni de deux canons qui projettent le liquide avec une telle force que "ça vous met sur le cul à trente mètres", a commenté un commandant de CRS.
