Sarkozy demande l'expulsion des étrangers condamnés, colère des associations

Sarkozy demande l'expulsion des étrangers condamnés, colère des associations
Sarkozy demande l'expulsion des étrangers condamnés, colère des associationsLe ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a demandé mercredi l'expulsion de tous les étrangers condamnés dans le cadre des violences urbaines, suscitant la réaction des associations de défense des droits de l'Homme, unanimes à dénoncer "une application de la double peine".

Le ministre de l'Intérieur a indiqué, lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, que "120 étrangers, pas tous en situation irrégulière, ont été condamnés" pour avoir participé aux dernières nuits d'émeutes urbaines.

Les 120 étrangers évoqués par M. Sarkozy comptent parmi les quelque 1.800 interpellés depuis le début des émeutes, a-t-on par la suite précisé à l'AFP.

"J'ai demandé aux préfets qu'ils soient expulsés sans délai de notre territoire national, y compris ceux qui ont un titre de séjour", a ajouté M. Sarkozy.

Ces expulsions se feront "dans tous les cas où la loi le permet", a-t-on par la suite précisé à l'Intérieur, expliquant que l'on s'appuyait sur la base du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L521-1 à 4).

Ces articles précisent les "cas dans lesquels un étranger peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion" si sa présence sur le territoire "constitue une menace grave pour l'ordre public" (L521-1).


Les trois alinéas suivants établissent un certain nombre de protections à une mesure d'éloignement. C'est notamment le cas des mineurs (L521-4).

Le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de préciser en début de soirée combien d'étrangers en situation régulière pourraient être concernés.

Les associations de droits de l'Homme ont immédiatement dénoncé la décision de Nicolas Sarkozy soulignant qu'il s'agissait de l'application de la "double peine".

La Ligue des droits de l'Homme (LDH), par la voix de son président Jean-Pierre Dubois, a estimé que l'annonce du ministre de l'Intérieur était "totalement illégale parce que, a-t-il indiqué à l'AFP, c'est une expulsion collective et que ce type d'expulsion est interdite par la Convention européenne des droits de l'Homme. Même au regard du Conseil d'Etat, c'est illégal".

"Sarkozy, a-t-il ajouté, jette le masque: il avoue que la double peine n'a jamais été supprimée. Comme à Argenteuil, il met de l'huile sur le feu. Nous considérons que le gouvernement bascule dans l'illégalité".

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) "ne peut qu'être horrifié devant cette inacceptable proposition démagogique et dangereuse: la double peine, forme moderne de bannissement qui nous renvoie à une sombre et tragique période de notre histoire", a indiqué son secrétaire général Mouloud Aounit.

Pierre Henry, président de France Terre d'Asile, a aussi estimé qu'"on assiste là au retour de la double peine quand l'Etat devrait faire preuve de mansuétude après avoir fait l'étalage de sa force". "Cette mesure, a-t-il ajouté auprès de l'AFP, est disproportionnée. Cela ne peut qu'activer les rancoeurs".

Enfin Richard Moyon, porte-parole de RESF (Réseau Education sans frontières), a jugé la décision de Nicolas Sarkozy "proprement scandaleuse et incohérente". "Il tente de se faire de la publicité en abrogeant, dans un premier temps, la double peine puis en la ressortant plus tard de façon massive". "C'est une violation du droit, un des nombreux aspects de l'incohérence de la politique de Sarkozy".

# Posté le jeudi 10 novembre 2005 04:41

Modifié le jeudi 21 juin 2007 15:00

Couvre-feu teinté d'incompréhension pour des jeunes de Nice

Couvre-feu teinté d'incompréhension pour des jeunes de Nice
Couvre-feu teinté d'incompréhension pour des jeunes de Nice

"Le couvre-feu ici ! Mais on va où là ?", s'inquiétaient mercredi soir des jeunes du quartier de l'Ariane à Nice, partagés entre ironie et abattement face à la mesure, particulièrement sévère, instaurant l'état d'urgence dans vingt et une communes des Alpes-Maritimes.

"Et à Paris, ils n'ont même pas de couvre-feu, mais c'est pas possible !" : Foued, 17 ans, fait partager son incompréhension à la demi-douzaine de copains, rassemblés autour d'un narguilé, au pied des immeubles de ce quartier est de Nice, plongé à 21h30 dans le silence.

La nouvelle de l'application du couvre-feu n'a que quelques heures, mais elle a déjà fait le tour de l'Ariane, "comme une traînée de poudre", note Oualid, 19 ans.

"C'est +ouf+ (fou, ndlr)", commentent les jeunes, pour lesquels "il ne se passe rien de spécial, de grave", ces jours-ci, que ce soit à Nice ou dans leur quartier, qui, à défaut d'escalade de la violence, vit, selon eux, "l'escalade de la répression".

Quelque 155 véhicules ont brûlé au cours des cinq dernières nuits dans les Alpes-Maritimes, selon la préfecture, mais aucun affrontement direct entre forces de l'ordre et fauteurs de trouble n'a été constaté.

"Ils (les forces de l'ordre) font les fiers avec leurs cagoules, ils nous traitent mal depuis une semaine", dénonce Mohammed, prédisant que "quand tout ça va finir et qu'il n'y aura plus +les nationaux+ (par opposition aux policiers du département et de la ville, ndlr), là ça va vraiment tout casser".


Au sein du petit groupe, où l'on saute d'un pied sur l'autre pour se réchauffer, chacun tient à portée de main sa carte d'identité, prêt à dégainer le précieux sésame au premier contrôle policier.

Pour les mineurs du groupe, ce document ne sera plus d'un grand secours jusqu'au 20 novembre prochain, date de levée du couvre-feu, puisqu'il leur est désormais interdit de circuler seuls, de 22h00 à 05h00 du matin.

"C'est qui Sarkozy, c'est pas mon oncle ! De quel droit il me dit de rentrer chez moi ?", s'énerve un adolescent de 17 ans, à quelques minutes de l'entrée en vigueur du couvre-feu.

"Il faut les comprendre", tente de justifier, un "grand", présent à ses côtés, "dans les appartements de trois pièces, il y a huit personnes, les soeurs qui ne veulent pas regarder les même programmes que leurs frères à la télé, tu veux qu'ils fassent quoi, enfermés chez eux le soir ?"

22h00, passées de dix minutes, une demi-heure puis trois quarts d'heure, et toujours aucune ronde de police à l'horizon. Plusieurs mineurs continuent de tirer sur le narguilé à moins de cinq cents mètres du commissariat de l'Ariane.

Au coin de la rue, trois policiers se livrent à une séance de photo-souvenirs, s'immortalisant devant leur véhicule avec leur téléphone portable.

C'est finalement du ciel, dans un vacarme assourdissant, que vient le signal pour les plus jeunes de disparaître dans la nuit : un hélicoptère de gendarmerie apparaît pour balayer d'un faisceau lumineux longue portée le quartier désert, qui prend pour quelques minutes des airs de zone de guerre.

A 23h00, deux mineurs circulant seuls, l'un à Nice, l'autre dans une petite commune du département, avaient été conduits au commissariat. Onze voitures, dont sept à Nice, avaient brûlé dans les Alpes-Maritimes.

# Posté le jeudi 10 novembre 2005 04:42

Couvre-feu

Couvre-feu

# Posté le jeudi 10 novembre 2005 05:00

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# Posté le jeudi 10 novembre 2005 05:00

stop a la violance

stop a la violance
manifestations dans des cités de toute la fance ont tenté de détourner de la violence certains de leurs enfants ou des voisins mais se sont souvent heurtées à "des jeunes qui n'ont plus rien à perdre" et "remplis de rage".

# Posté le jeudi 10 novembre 2005 05:08